La Guinée traverse une période de répression politique intense, marquée par des disparitions
forcées et une absence totale de transparence judiciaire.
Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, dirigé par le général Mamady Doumbouya, la Guinée est plongée dans une spirale autoritaire où les voix dissidentes sont systématiquement réduites au silence. Plusieurs organisations internationales et médias indépendants ont documenté une montée inquiétante des disparitions forcées, ciblant notamment les militants, journalistes, anciens cadres de l’État et membres de la société civile.

Aucun mécanisme judiciaire indépendant n’a été mis en place pour enquêter sur ces disparitions. Les autorités guinéennes nient toute implication ou connaissance des faits, malgré les témoignages et les preuves circonstancielles pointant vers des unités spéciales rattachées à la présidence. Le climat politique est marqué par la dissolution de partis, la fermeture de médias, et une surveillance généralisée des opposants et certains de leurs militants.
Amnesty International a alerté sur une hausse inquiétante des disparitions forcées en Guinée, visant particulièrement les défenseurs des droits de la personne. Des plaintes ont été déposées en France contre Mamady Doumbouya pour disparition forcée, signent que les familles cherchent des recours internationaux face à l’impunité locale.
Les militants des partis politiques (particulièrement RPG-Arc-en-ciel, UFDG, UFR), le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) sont particulièrement ciblés.
Liste non exhaustive des disparus.
Parmi les noms cités dans les rapports et témoignages :
- Oumar Sylla (Foniké Mangué) et Mamadou Billo Bah, leaders du FNDC, portés disparus depuis juillet 2024.
- Mamady Condé, militant du RPG Arc-en-ciel et ses fils (Souleymane Condé, Cheick Abdoul Gadiri Condé), enlevés en aout 2024. Son fils Souleymane Condé décède à l’hôpital après des tortures par des militaires et son autre fils Cheick Abdoul Gadiri est en fuite.
- Saadou Nimaga, ex-secrétaire général du ministère des Mines et militant du RPG Arc-En-ciel enlevé en octobre 2024.
- Habib Marouane Camara, journaliste responsable du site d’information Le Révélateur 224, enlevé en décembre 2024.
- Djeliman Kouyaté, jeune griot et militant du RPG Arc-en-ciel, enlevé en juin 2025.
- Mamoudou Bory Barry alias mabory, militant de l’UFDG, enlevé en septembre 2025.
- Issiaga Diallo, militant de l’UFDG en octobre 2025.
- El Hadji Adama Kéita, âgé de 75 ans, père du journaliste enquêteur Mamoudou Babila Kéita en exile, enlevé en septembre 2025.
- Deux enfants de l’artiste activiste Élie Kamano : Robert Kamano 14 ans, Saa Kamano, 16 ans, son neveu Antoine Sandouno et son jeune frère Saa foumba Kamano, gendarme, enlevé en novembre 2025.
Ces cas s’ajoutent à une liste croissante de civils et militaires portés disparus, souvent enlevés par des hommes en civil ou des forces encagoulées. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la responsabilité de l’État, la transparence judiciaire, et le respect des droits de la personne.
Les familles dénoncent l’implication d’unités spéciales rattachées à la présidence, mais les autorités nient toute responsabilité. Une situation inquiétante et de grandes désolations. Nous y reviendrons…
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