Dans un geste politique inédit en Guinée, Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de Toumba Diakité, a officiellement déposé sa candidature à la présidentielle de décembre 2025 depuis sa cellule à la Maison centrale de Conakry.
Condamné à dix ans de prison pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009, Toumba Diakité devient l’un des personnages les plus controversés de cette campagne électorale.
Dépôt de candidature depuis la prison

Toumba Diakité a versé la caution exigée pour se présenter à l’élection présidentielle, fixée à 900 millions de francs guinéens. Selon les informations relayées par plusieurs médias locaux, le paiement a été effectué par son parti, le Parti pour la Réconciliation et le Travail (PRT), via son avocat. Cette démarche a été réalisée malgré l’incarcération de l’ancien militaire et leader paramilitaire, marquant un fait inédit dans l’histoire politique guinéenne.
Le dépôt officiel du dossier de candidature a été validé par les autorités compétentes, et Toumba Diakité est désormais officiellement enregistré comme candidat à la présidentielle de décembre 2025. Ce geste a suscité une grande attention médiatique, tant pour son caractère inédit que pour les implications politiques et juridiques qu’il soulève.
Éligibilité et contestations
La candidature de Toumba Diakité soulève toutefois de nombreuses interrogations sur le plan juridique. Selon la loi électorale guinéenne, tout candidat doit être détenteur de ses droits civils et politiques. Or, sa condamnation pour crimes contre l’humanité pourrait entraîner une perte de ces droits, remettant en cause sa capacité à se présenter légalement à l’élection. Certains experts juridiques estiment que l’appel en cours pourrait prolonger l’incertitude sur sa situation électorale.
Les réactions à cette candidature sont partagées. Certains acteurs politiques dénoncent une tentative de contournement de la loi, tandis que d’autres considèrent cette démarche comme un symbole fort dans le paysage politique guinéen. La famille de Toumba Diakité, selon des sources locales, affirme ne pas être informée de cette décision, ce qui ajoute un élément de controverse à l’affaire.
Enjeux et implications politiques

Au-delà du volet juridique, la candidature de Toumba Diakité a un impact symbolique important. Elle soulève des questions sur la transparence et la légitimité du processus électoral, ainsi que sur les capacités de la Guinée à concilier justice et politique. La gestion d’une campagne électorale depuis une cellule pose également des défis pratiques majeurs, notamment pour la communication avec les électeurs et l’organisation d’événements de campagne.
Cette situation n’est pas sans rappeler des cas internationaux où des prisonniers se sont présentés à des élections, suscitant débats et tensions. En Guinée, elle s’inscrit dans un contexte politique tendu, où la présidentielle de 2025 est perçue comme un moment clé pour l’avenir démocratique du pays.
Contexte politique guinéen
L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 se déroule dans un climat marqué par des tensions politiques et des interrogations sur la stabilité institutionnelle. Le président sortant et plusieurs candidats majeurs ont déjà annoncé leur intention de briguer un nouveau mandat. Dans ce contexte, la candidature de Toumba Diakité introduit un élément inattendu et controversé, qui pourrait influencer le débat public et l’attention des médias internationaux.
Le paysage politique guinéen est caractérisé par un fort pluralisme, mais aussi par des divisions historiques et des questions non résolues liées aux violences passées. La présence d’un candidat incarcéré pour crimes graves ajoute une dimension exceptionnelle à cette présidentielle.
La candidature de Toumba Diakité demeure un événement sans précédent en Guinée. Si elle est validée, elle pourrait transformer le débat politique et interroger sur les limites de l’éligibilité face aux condamnations pour crimes graves. Entre enjeux juridiques, symboliques et pratiques, cette candidature met en lumière les tensions entre justice, politique et société dans un contexte électoral sensible. L’élection présidentielle de décembre 2025 promet ainsi d’être suivie avec une attention particulière, tant au niveau national qu’international.